Chroniques d'une vie nouvelle - Episode 1

Nous nous connaissons peu (toi et moi) et nous, Piliers, n’avons pas forcément pour habitude de nous dévoiler, de te raconter nos vies… Néanmoins, nous sommes aujourd’hui face à une/des situation(s) plus qu’exceptionnelle(s) ; alors on va te parler un peu de nous.

Marion

Lundi 16 mars, on s’est tous quittés en se doutant que les jours suivants seraient… différents. Pour autant, on n’imaginait pas que, dès le lendemain, on serait chez nous, séparés.

Depuis mercredi, c’est un peu « un jour sans fin » qui nous permettra peut-être de vivre une nouvelle « époque formidable »… On télé-travaille, on « checke » les réseaux sociaux pour échanger avec les collègues : un peu rigolade, un peu boulot mais beaucoup pour garder le lien…

Certains ont la chance de prendre l’air (et il fait beau), alors c’est le moment de créer des circuits de balades d’un rayon de moins d’1 km autour de chez soi… et tu sais quoi ? Tous les chemins mènent chez … moi;)… Un petit tour sur le marché pour profiter pour bien manger, surtout qu’a priori ce n’est plus possible à compter de cette semaine… Et on découvre l’apéro skype, whats app, messenger, vivement la réouverture des bars et des restaurants !!! (l’abus d’alcool est bien sûr dangereux pour la santé).

Cela ne fait qu’une semaine alors « jusque-là tout va bien », sentiment profondément égoïste j’en conviens au vu de la situation actuelle…
C’est probablement la phase 1 du confinement qui veut ça. On pense à sa famille (ceux qui ne sont pas à côté de nous), ses proches (amis, potes, collègues) en croisant les doigts pour que tout le monde soit sauf…
On pense à tous ceux qui travaillent, soignent et se fatiguent…
On pense à tous ceux qui ont mal et ceux qui ont perdu ou vont perdre des proches… On se dit surtout (et on espère) que plus rien ne sera comme avant ; que jamais on aurait dû vivre cette mauvaise série B.
Au moment où j’écris, il n’y a pas encore d’info officielle sur la prolongation ou pas du confinement… Alors je vous dis à la semaine prochaine… et #restonscheznous

Philippe

Semaine 1 des Coronavacances
Un jour, j’ai voulu tester la solitude alors je suis parti à moto avec ma tente. Direction sans but, de petit camping et terrain prêté. Quel plaisir au travers de toutes ces rencontres ! Solitude ratée.
Alors j’ai ensuite testé volontairement la solitude par quelque chose qui dépasse l’entendement de tout être sociabilisé : j’ai passé le 31 décembre hors de tout réveillon. Encore un échec car, au travers des réseaux sociaux, j’étais en compagnie de tous ceux qui étaient seuls.
Et puis « une petite chose », même pas visible, même pas perceptible est apparue. Elle a su stopper les guerres, elle a su mettre à genoux des nations, peut-être même saura-t’elle mettre à genoux une civilisation. Alors depuis une semaine, cette petite chose m’a obligé à me reclure. Ce n’est pas un choix pour une fois.
Les journées s’écoulent au rythme du contact des camarades de télétravail, au rythme de ceux qui se lèvent et se connectent. Je fais un ménage que j’ignorais, découvre des lieux de poussière. Dans mon appartement, je suis seul. Je prends soin de moi, seul. Les questions fusent et se bousculent et pour la première fois, je prends le temps de les noter pour y répondre une à une.
Ce confinement est, en cet instant, un bienfait. Mais encore une fois, je ne suis pas seul. Même si je ne rencontre personne de physique, je me révèle sur les réseaux et approche des gens au travers de petits caractères de typographie, noirs sur fond blanc.

Richard Matheson, en 1957, expliquait ce qu’était la solitude au travers de son œuvre. Son héros, Robert Neville, découvrait, lui, ce que veut dire légende… Je ne souhaite plus y parvenir.

CHRISTOPHE

Lundi 16 mars
Une nouvelle semaine commence.
Nouvelle non pas parce qu’elle succède à la précédente, nouvelle car différente, inédite.

On récupère nos affaires à la hâte pour organiser notre télétravail des 2 semaines à venir.

Et puis chaque jour s’égrène, amène son lot de nouvelles, encore moins réjouissantes que la veille. Les chaines d’info tournent à plein régime et ne parlent plus qu’une langue : le COVID-19.
D’ordinaire c’est facile de travailler de chez soi mais là c’est autre chose, c’est comme devoir travailler en cage avec peu ou pas de motivation, devoir accomplir une acrobatie dans un espace confiné.
Forcément c’est dur se concentrer sur les dossiers qui étaient en cours quand toute la journée vous n’entendez parler que de votre ennemi inconnu, invisible et inodore mais qui pourtant vous oblige à vous terrer comme un rat parce qu’il rode.
Forcément c’est dur d’avancer car vous êtes partagé entre faire votre boulot consciencieusement et accorder du temps à votre famille, vos amis parce que peut-être ce sont les derniers instants et que l’on a envie de les vivre pleinement.
Forcément c’est dur car les jours passent et la menace gronde toujours, plus fort.

On nous annonce une vague et une image désagréable me vient en tête.
Je ne peux pas m’empêcher de penser aux victimes du tsunami au Sri Lanka et en Indonésie en 2004.

Tout se bouscule dans ma tête.
Nous sommes en guerre a-t-il dit et les couvre feux qui s’installent un peu partout me le confirment.
Les sirènes de certaines villes nous plongent dans une atmosphère pesante, anxiogène.
Je pense à toi mamie, petite fille de la Meuse, qui un jour de 1939 (ou 40 tu ne sais plus trop) t’es cachée sous le camion de ton papounet avec tes frères et sœurs pour échapper à la menace.
« Restez là ! » t’avait-il dit, « je vais chercher de l’essence ». C’est la dernière fois que tu le verras. Aujourd’hui tu es bien affaiblie et fais partie des personnes à risque, j’ai envie de te voir et te revoir, j’ai peur.
Je pense à vous amis aides-soignants, infirmiers, médecins qui vous battez au quotidien pour nous, pour notre liberté.
J’ai peur pour vous aussi.
D’habitude j’ai peur quand je suis indécis car je dois faire un choix.
Là j’ai peur car je suis impuissant, en espérant qu’une bombe ne tombe pas sur notre maison.

J’aime la vie,
J’aime la liberté,
C’est dur quand on est forcé,
C’est dur quand on est confiné,
J’espère qu’in fine on se dira qu’on était con !

Caroline

14 Mars 2020 – 20h – Annonce du confinement pour 15 jours !
Commence pour moi, pour tout le monde, « la vie contre Mister COVID-19 » ! Bon faut être honnête, on apprécie tous d’être chez nous, en mode pyjama, pas coiffée, bloquée dans le canapé devant un bon film / série (#ViveNetflix) parce qu’on n’a jamais le temps en temps normal, non ? Et bien là je crois que le summum est atteint ahaha ! Ok, je redeviens sérieuse !
Moi, je vois ce confinement de deux façons:
The N°1 : #leconfinementestmonami car je profite à fond de ce temps offert avec mon p’tit bout de 14 mois (câlins, fous rires, premiers pas wouah au moins je n’ai pas loupé ça) …. qui est une super assistante… quand elle ne veut pas jouer avec la souris de mon Ordi ! Ah oui et aussi je profite bien du Papa forcément …. Il ne faudrait pas créer de problèmes :). Le télétravail est un peu perturbé forcément, mais on s’organise un max 😉 Et plus tu prends tes marques, plus tu arrives à trouver ça sympa (bon pas trop longtemps quand même non plus hein ^^). On transforme le balcon en piscine de jouets et tapis de mousse pour au moins s’oxygéner un peu avec pour point de vue le Canal de Caen (je me crée mon p’tit jardin imaginaire quoi AHAH … ça y est la folie commence déjà). Et le soleil est au rendez-vous, c’est toujours ça de gagner aussi 😉
Le Télétravail : on fait au max de ce que l’on peut, on se donne à fond même à distance et on entretient les liens entre Piliers du Comptoir avec nos groupes de discussions Whatsapp ou Messenger (ça dépend quel message on veut faire passer: du sérieux ou du hors sujet).
The N°2 un peu moins fun: #jesuisentimentale, être coupée de la vie sociale, de ma Super Team du Comptoir, des gens en général … Oulala, c’est un peu difficile quand même! Surtout dans mon cas, pour ceux qui me connaissent bien, ne pas pouvoir parler, rire ou je ne sais quel autre délire s’est un SUPPLICE lol !! Il y a une impression de déconnexion totale, une rupture immédiate avec le bonheur et l’épanouissement ! Mais bon, pourquoi on le fait ? Pour la bonne cause, pour se protéger et protéger les autres et faire que DEMAIN soit un jour MEILLEUR 🙂 Autre point positif la dedans: bye bye les dépenses inutiles et superflues 🙂 On se contente de l’important et on revient à l’essentiel !
Pour clore mes impressions à chaud, « COVID-19 on aura ta peau, en restant bien au chaud chez Nous » ! Mais on reste connecté au monde et surtout aux autres avec des apéros virtuels entre potes, des appels aux parents ou à la famille (car là pas d’excuse on a le temps de le faire) pour tuer le côté sombre et pesant du mot « confinement »!

Camille

Ici, même en période de confinement on ne perd pas le rythme du petit train-train quotidien. Après tout, ce n’est pas les vacances, moi, je télétravaille !

Mon résumé de cette semaine de confinement ? Le voici !
– 6h30 : Le réveil sonne et tout le monde debout ! Direction la douche, et c’est parti pour une nouvelle journée !
– 7h30 : Petit déjeuner, un petit coup d’aspirateur, on nourrit les animaux (un chat, un chien, un lapin ça en fait du monde) et on s’aère dans le jardin pour un petit moment de jeux. Et oui, un bon bol d’air frais le matin ça réveille, mais en ce moment c’est plutôt grand soleil, et ça, ça donne la pêche dès le matin ! D’ailleurs, si tu lèves aussi de bonne heure, tu as sûrement pu constater toi aussi que le lever de soleil est incroyablement beau depuis quelques jours !
– 9h : On s’installe devant l’ordinateur, un petit coucou aux autres Piliers, et on s’y met : mises à jour diverses, réponses mails …
– Vers 10h30 : C’est l’heure de mon deuxième petit-déjeuner ! Oui travailler ça creuse… Un petit thé, et c’est reparti mon kiki !
– 12h30 : Préparation du repas ! Avec le confinement, c’est bons petits plats mais équilibrés ! Après tout, la pratique du sport est réduite … Ça ne serait pas le moment des prendre des petits kilos…
– 1h30 plus tard, retour au travail !
– 16h ? Ma pause goûter (qui a dit que ce n’était réservé qu’aux enfants?)
– 17h : C’est fini pour aujourd’hui ! On fait bien attention de tout enregistrer (parce qu’avec une connexion qui n’est pas toujours au top du top, ça serait embêtant de tout devoir recommencer !) et on entame la partie détente et plaisir de la vie !
Appels vidéos entre amis, famille et c’est parti pour les COVIDApéro ! (Un COVIDApéro c’est quoi ? Un petit moment de partage à travers une caméra en live !)
Après le dîner ? C’est jeux de société party ! En ligne, ou en Facetime nous avons le choix ! De Skriblio à Plateau, en passant par le devine à qui je pense, c’est l’éclate même à distance ! Nous on trouve toujours des solutions, et ça permet de ne pas perdre le contact mais surtout de ne pas déprimer dans son coin à l’idée de ne pas sortir !
Mais à la fin, on ira tous boire un verre en terrasse !;)
Le confinement pour moi, c’est ne pas perdre pied et continuer de vivre comme on le ferait habituellement. Ne pas céder à la panique, profiter des plaisirs simple de la vie.
Le confinement n’est pas une chose à faire à contre cœur, au contraire, c’est d’abord se protéger soi-même, mais aussi protéger les autres.
Alors pas de sorties pour le moment, mais on en profitera après et pourquoi pas deux fois plus ?

Et toi, ton confinement, c’est comment ?:)

Sébastien

Le confinement total ? Pas de panique, je m’adapte. En théorie, oui, en pratique, c’est presque ça. … Mon inquiétude portait davantage sur l’activité du service Groupe que sur ma vie quotidienne, puisque confinement rime aussi avec nouvelles activités, créativité, et temps !
Mon contexte : couple d’actifs, appartement au centre-ville d’Evreux, pas d’animaux, pas d’enfants. On aime sortir voir nos amis, nos familles, manger et faire du sport. Profil lambda quoi 😊
Adaptation éclaire suite aux mesures de confinement : mis en place un open-space à l’appartement, véritable espace de coworking de 29m2 en plein cœur d’Evreux, avec wifi, Netflix, espace cuisine. Je le vends bien hein ?

Pendant les jours ouvrés de 08h30 à 17h00, toujours la même routine lors de cette première semaine : Petit déjeuner / Boulot / Pause-Café / Déjeuner / Boulot …
Et là, ça se corse. Pendant notre temps libre, l’envie intenable de prendre l’air est constamment présente. La manque de mobilité et l’arrêt de mes activités habituelles commencent à me manquer et le printemps pointe le bout de son nez.
Constat implacable : Je ne peux pas courir, je ne peux pas voir mes proches, je ne peux pas jardiner et plus globalement, je ne peux pas sortir sans raison. Que faire ?
Vendredi dernier, avec des amis, un apéro-Skype s’est organisé. On parle en même temps et on trinque de loin, mais à défaut, ça reste un moment de partage sympa qui fait du bien !

La cuisine est petite mais on a tout ce qu’il faut pour ravir nos papilles. Alors je me lâche : gâteau aux pommes et au caramel, gratins, sushis et makis, cake chocolat banane, pizzas maison… En une semaine, on a mis les petits plats dans les grands. (Enfin à notre échelle)

J’entreprends tous les jours de faire quelques exercices à la maison, et de la corde à sauter dans la cour de la copropriété. C’est bon pour le cardio, et ça permet d’éliminer une partie de ce que j’ingurgite. Prêt pour la Foodrun du Comptoir.
On a un petit stock de livres (merci la médiathèque), et en ce moment, je lis le thriller « Les Visages » de Jesse Kellerman. C’est plutôt bien parti 😊
Côté 7ème art, j’ai sélectionné quelques programmes, séries ou films. J’aime bien les docus et séries Netflix. Je suis au milieu de Narcos, série-documentaire sur les cartels colombiens et leurs démantèlements.
J’ai voyagé au Niger récemment, où j’ai fabriqué un instrument local avec des Touaregs : le Tendé. C’est un peu comme le Djembé… Je m’y essaie mais j’ai pas du tout le rythme dans la peau 😊
Autre possibilité pour moi : Il y a une guitare folk qui traînait dans un coin, et je n’avais jamais pris le temps de m’y (re)mettre. C’est l’occasion idéale. On verra ce que ça donne dans un mois !