Chroniques d'une vie nouvelle - Episode 3

Semaine 3…
On profite, on prend le temps, on s’interroge ! Et toi ?

Caroline

Voilà, 3 semaines ont passé et on est toujours… Confinés !

Égoïstement, le plaisir persiste comme dans le récit de mon « épisode 1 de confinée » concernant le temps passé avec ma fille ! Je prends conscience de son évolution rapide et peux apprécier chaque moment nouveau dans sa vie de petite fille qui grandit. Je vais peut-être même assister à ses premiers pas en direct 🙂 Et je découvre aussi de plus en plus un côté malicieux chez elle, une vraie petite chipie !
Je suis contente de pouvoir apprécier chaque moment, profiter de l’instant présent et faire que le temps ne soit pas subi !
Je dis cela car j’imagine que beaucoup d’entre vous, comme moi, ressentent peu à peu un sentiment d’étouffement, d’emprisonnement face à cette situation inédite non choisie…

En épisode 3 de mon statut de confinée (et aussi par les nombreux échanges que j’entretiens avec certains de mes amis), je dirais que je me sens comme assise au creux d’une vallée :
– la colline de gauche est la sensation d’oppression par le rythme quotidien des journées, ne pas toujours arriver à s’en extirper pour s’occuper de soi…
– la colline de droite est celle de l’envol, de la sérénité que chacun retrouvera bientôt… Celle à laquelle je pense à chaque fois que les nerfs gagnent du terrain, afin de me recentrer sur le plus important : protéger ma vie et celle de ma famille, mais aussi celle des autres …

Il faut vaincre cette pensée égoïste & penser à tout le monde !

Notre situation n’est pas simple à gérer quotidiennement, faire face à l’incertitude de la durée du confinement joue sur l’espérance d’en sortir et de retrouver une vie active, sociale et normale…
Mais disons-nous aussi à l’inverse que d’autres personnes dehors continuent leur vie (tout le personnel médical, les employés de supermarchés et commerces alimentaires, le personnel d’entretien dans les villes et communes, les policiers…) afin de satisfaire nos besoins et prennent des risques pour leur santé car ils font partie des métiers « essentiels » !! A mon sens, et pour toutes ces personnes sur le terrain, nous devons être respectueux ! Alors « Restonscheznous » encore un peu 🙂

Je veux pouvoir un matin me réveiller et dire me dire: on a réussi, on en est sorti, on a vaincu cela …. ENSEMBLE, tous ensemble :)!!

Philippe

Voilà, tout est fait dans ce que je voulais faire, beaucoup est fait dans ce que je ne voulais pas faire… Et puis le confinement continue sans pour autant m’apporter d’autres idées.

Que me reste-t’il ? Et bien, rien à décider mais juste à subir sans y prendre garde avant qu’une amie bretonne et motarde ne me le fasse remarquer par Messenger : “ Si nous n’avions été confinés, imagine que, ce matin, tu n’en aurais pas profité car à cette heure tu aurais le cul sur ta selle…” (je suis motard)… Et là, je réalise : elle a entièrement raison !

Il fait beau ce matin et la température est plus que clémente. Nous sommes dimanche matin et par une telle météo, à n’en pas douter, je me serais levé en même temps que le soleil et serais parti seul, ou avec mes camarades, à l’aventure en moto vers… Quelque part.

Après moult virages, routes improbables, photos et paysages tous plus bucoliques et romantiques, j’aurais fait une pause pique-nique. J’imagine le lieu, face à la Seine, une petite rampe en pavés de mise à l’eau pour bateau, de l’herbe pour accueillir les motards ravis, un saucisson, du pain… Et puis j’aurais retiré mes chaussures pour tremper mes pieds dans l’eau froide du fleuve… D’ailleurs est-elle si froide en ce sublime premier dimanche d’avril 2020 ?

Alors je serais reparti vers un autre ailleurs, peut-être la mer pour profiter d’un moment…

Et bien non, ce matin, alors que le soleil est déjà haut, je prends le temps de me préparer un petit déjeuner sur ma terrasse, au soleil. Confiture, beurre fondant sur le pain chaud, fruit pelé et découpé, fromage, café au lait, jus d’orange et le chant des oiseaux. Doucement je profite de ce moment, de ces aliments qui m’attendent dans leurs petites assiettes. J’ai même tendu un fil pour le grille-pain. Je pousse mes gestes à se ralentir, à s’empeser.

Je me surprends à m’imaginer en Hercule Poirot, incarné par le formidable David Suchet. Pour la première fois depuis bien longtemps, je ne pense pas à ce que je ferai dans les minutes qui suivent. Pour la première fois, je ne suis pas pressé, pas stressé. Pour la première fois, vraiment, je profite de l’instant.

Je suis en ville, j’entends et vois tant d’oiseaux. Faut-il cela pour enfin ralentir le monde ? Pour rendre son âme à la vie ?

Serge

Félinisation de l’individu, ou simple « ronronnavirousse » ?
Confronté au confinement, chaque individu a sa propre façon de réagir. Certains se réfugient dans la lecture, deviennent accrocs aux chaînes d’info, restent scotchés à leur smartphone pour rester connectés les uns avec les autres quasiment h24.
Peu à peu, certains individus, vivant seules ou seuls, se retrouvent confrontés à une solitude inhabituelle, qu’ils n’ont jamais connue en raison de leur participation à de nombreuses activités associatives, ou de leur engagement dans certains mouvements.

Mais que se passe-t-il ? Je commence à me comporter comme un gros matou…. Pas un chat de gouttière, non plutôt comme le personnage de la B.D. «le chat » de Geluck, ou comme ma regrettée Félicie, superbe siamoise.
Après être sorti pour m’approvisionner en denrées alimentaires à l’excès, mais gourmand comme un siamois de savoureux mets de qualité, me voilà rassuré : je peux rester sans sortir… C’est là, le problème, je suis pris d’une envie irrésistible de m’allonger pour me reposer… Rien de grave un moment de cocooning bien mérité… Sauf que là, ça prend l’allure d’un épisode, voire d’une série TV.

Tout propre, je descends en ayant pris soin de me vêtir convenablement (même confiné, un matou doit rester chic et ‘bien élevé’). Après avoir pris des nouvelles de mes amis, travaillé sur mon dossier de VAE, je quitte l’ordi pour m’allonger, irrésistiblement, devant un programme soporifique. Comme un chat, je me blottis dans la couverture, et m’endors devant l’épisode d’Hercule Poirot vu pour la 8ème fois… Mais que se passe-t-il ? Je m’endors irrésistiblement… Mais que se passe-t-il ? Me mettrais-je à ronronner…. ? Je m’entends ronfler allègrement, ce qui me réveille…. Comme les chats je m’assure que tout va bien et je me rendors…. Je mange, je dors… Comme tous les matous, le Canapé est devenu ma place préférée, je ne le quitte plus. Je suis devenu comme notre Hercule (le chat visiteur du Comptoir NDLR).
Mais un chat aime le papier, se coucher sur les courriers, au milieu des livres ouverts ou au milieu des revues… Je fais pareil.

Le confinement m’entraîne irrésistiblement vers un mode de vie, digne d’un siamois : un peu d’exercice, et retour à la case départ, pour enchaîner un nouveau cycle de « journée » façon félin précieux.
Les chats, ça vit la nuit… Ben ouais, je parcours mes notes, mes cours, j’écris jusque tard dans la nuit… Et finis par monter me coucher… Parfois je ne sais plus quel jour on est… Et les poussières n’ont jamais dérangé les matous…

J’espère ne pas terminer cette période de confinement en me mettant à miauler pour m’exprimer…

Marion

Semaine 3… Une certaine routine s’installe, l’Homme s’habitue à tout !

Ma fille me manque
Mon amie va mieux
J’ai retrouvé mon fils
A venir 2 semaines de devoirs et télétravail 😉
J’ai bronzé
J’apprends le golf
Je ne regarde plus les actualités
J’ai par contre regardé « zéro zéro zéro », les saisons 1 2 3 de «the affair», « les crevettes pailletées », « wisting » super série norvégienne, « l’ombre d’Emily », « Gaspard va au mariage » et j’en passe ! Ah oui et petit tuyau « Candy Crush » donne des vies en illimité depuis le confinement…
Ce sont un peu comme des vacances sauf qu’on travaille un peu, qu’on ne sort pas et qu’on ne voit personne
Je suis allée faire les courses ! Première sortie depuis le confinement le 17 mars !
Je découvre les joies du footing … Non, c’est pas vrai, ça reste une corvée 😉
Je regarde mon agenda se vider de toutes les sorties, tous les concerts, tous les déplacements prévus jusque fin mai (voire juin)…
Ah oui, je t’ai dit que ma fille me manquait ?
Allez au mieux plus qu’une semaine, et ils vont commencer à nous déconfiner !

Sébastien

Semaine 3, J+21, H+504
Depuis le début du confinement, j’ai trouvé un rythme, mais comme beaucoup, je vis mal la privation de liberté de mouvement.
Heureusement, j’ai la meilleure des coloc’, avec qui je vis depuis 8 ans. On partage ce moment de confinement dans notre appartement, et on se dit qu’on a de la chance d’être 2.

Le travail occupe, mais à raison de 3h30 par jour. Oui, au Comptoir, nous sommes pour la plupart en chômage partiel pendant une période indéterminée. Que faire pendant le reste de la journée ?
Depuis 3 semaines, les occupations sont toujours les mêmes : lecture, Séries, Films, Apéros Skype, Cuisine, Course à pieds (pas plus d’un kilomètre : https://www.unkm.fr/), corde à sauter ou Molkky dans la cour, apprendre à jouer de la guitare, s’occuper des plantes, parler à mon aspirateur…
Il fait de plus en plus beau. Les journées s’allongent et le soleil commence à pointer le bout de son nez… La frustration de ne pas avoir d’extérieur est bien présente ! Maintenant que je suis H24 en appartement, je me rends bien compte de l’importance d’un simple balcon ou d’un bout de jardin.

Avant la crise sanitaire, j’avais déjà un besoin d’évasion et de mobilité, et pendant le confinement, c’est devenu presque obsessionnel. Je regarde et trie les dernières photos de voyages, je regarde des documentaires « découvertes » et me projette sur les prochaines destinations.
Dordogne ? Lot ? Bretagne ? Alsace ? Je ne connais pas encore tous les recoins de France et mon prochain petit voyage sera surement dans l’Hexagone (enfin je crois). J’aime bien les paysages vallonnés, les randonnées, la gastronomie. Vous avez peut-être un bon plan ou un conseil ?

Globalement, j’essaie de m’aérer l’esprit car le contexte m’est oppressant et opaque.
Je me questionne sur beaucoup de choses, et je n’ai aucune réponse : quel est et sera l’impact économique, social, et écologique de la crise ? Comment en est-on arrivé là ? Quels changements après l’épidémie ? Quelles leçons tirer de cet épisode ? Comment aider ?
Pour cette dernière question, j’ai peut-être une réponse : Si tu veux aider, soit tu restes chez toi, soit tu aides les structures locales dans le besoin. Evreux Entraide met en relations les bénévoles et les associations : https://www.facebook.com/groups/evreuxentraide/

Une pensée pour toutes les personnes qui continuent à travailler et mettent leur santé en danger.

Christophe

Lundi 6 avril – début de S4

Je reprends ma plume (ou plutôt mon clavier) en cette 4ème semaine de confinement qui débute.
J’ai été muet pendant 2 semaines mais les silences sont parfois nécessaires.
Cela ne veut pas dire que je ne pense pas aux autres, bien au contraire.
Ma 2ème famille (mes collègues) me manque, on vit quand même la plupart du temps ensemble.
On l’a beaucoup dit depuis des jours, ces moments « cocoonfinés » ça nous permet de nous occuper de nous… pour une fois.
Nous d’abord et rien que nous.

C’est aussi l’occasion de lire et d’écouter tout ce qui se dit sur le sujet de la pandémie, tenter de démêler le vrai du faux, se questionner sur les raisons du pourquoi nous en sommes là, etc…
La première semaine j’évoquais que le confinement m’était difficile car il me privait de ma liberté de me déplacer, de rencontrer ceux que j’aime, ceux avec qui je travaille….
Depuis j’ai avancé dans ma réflexion et aujourd’hui je me pose une autre question.
Cette difficulté, du confinement, tient-elle réellement à la réduction de ma liberté ?
Ne serait-ce pas davantage l’expression d’une vie qui ne fait plus sens ?
La vie libre n’était-elle pas plus difficile encore lorsqu’elle est intégralement dénuée de sens ?

Cette période laissera des blessures, des écorchures et j’espère qu’on sera vraiment capables, lorsque nous entrerons en résilience, de se rappeler que notre monde d’avant doit rester le monde d’avant.