Chroniques d'une vie nouvelle - Episode 4

Annonce officielle hier soir… Confinement prolongé a minima jusqu’au 11 mai avec une sortie progressive… On va encore vous en raconter des choses pendant ces nouvelles 4 semaines… Pour l’instant, place aux voyages !

Camille

Encore une semaine de plus. Les jours se ressemblent, s’enchaînent et on ne sait plus vraiment les dissocier. Un jour qui se répète encore et encore. A la fois, les journées passent vite mais le temps est long (oui, c’est très contradictoire non ?).

Le manque de la famille, de la deuxième famille (les amis), et de la troisième famille (les autres piliers) se fait ressentir. Le télétravail est devenu partiel, nous sommes passés en 17h30 semaine, et il faut donc pallier l’ennui. Mon remède ? La cuisine, le ménage et le shopping en ligne !
Et oui, il n’y a pas de meilleur remontant que de commander de belles pièces pour cet été ! On s’y voit déjà !
D’ailleurs j’ai déjà programmé ma journée post-confinement : shopping, un verre en terrasse et un bon restaurant !
Le confinement ça a du bon ! Et oui, je me suis découverte une nouvelle passion : le bricolage en tout genre ! En effet, à partir d’un canapé cassé et de palettes, mon cher et tendre et moi, construisons une niche pour notre petit chiot (qui n’est plus si petit que ça). Les clous, les scies, les vis n’ont plus de secret pour moi ! Mais je suis aussi devenue une vraie pro dans la pose de grillage, le désherbage et la tonte de la pelouse !
Avec ces superbes températures, lecture et bronzette au soleil, on prépare son beau bronzage pour cet été ! Et le soir, sur la terrasse, on s’est même pris à rêver de nos futurs projets. Quand le soleil est là, le moral est là. Alors on se laisse aller, tranquillement, doucement, à rêver d’une vie après confinement.

J’allais oublier : nous avons même fait notre premier barbecue de l’année ! Mais qui dit barbecue dit courses. Alors ni une ni deux, me voilà partie pour faire les courses, et si possible le plein de courses pour m’éviter d’y retourner dans les jours qui suivent. Personnellement, j’adore faire les courses ! Mais cette fois, j’ai été un peu angoissée. Inconsciemment. On pense à plein de choses auxquelles on ne pense pas d’habitude. Et même armée de mes gants, de mon gel hydro-alcoolique et de mon foulard en guise de masque, ce fut un clavaire et j’ai ai même oublié certains produits !
Ce n’était pas la même ambiance que d’habitude. Le confinement se fait ressentir. Les gens sont refermés sur eux-mêmes, c’est à peine s’ils osent lever les yeux de leurs caddies.

Au fil des semaines les anniversaires défilent. Alors c’est soufflage de bougies en visio !
Je me vois déjà faire la distribution des cadeaux à la fin de cette période de confinement, telle une mère noël.

En attendant, on continue de rester chez soi et courage aux personnes qui continuent encore de travailler pour nous. #restezchezvous

Philippe

Lascaux… Les chercheurs s’accordent à penser que certains dessins représentent une carte du ciel de l’époque, j’y vois le tracé des terrains de chasse afin de se donner les consignes lorsqu’un animal était repéré. Il y 18 000 ans, Sapiens utilisait une carte, il naviguait !

Je suis bien chez moi, appartement confortable, espace, terrasse, juste mon fils…Et pourtant j’ai besoin de fuir. La privation de la route est terrible, la moto occupe mes esprits dès que la cuisine, le travail, le ménage lui laissent la moindre liberté. Enfin, la moto, une simple image qui concrétise une pensée.

Alors ce besoin de route se traduit par une lecture de cartes. Rouges, jaunes, mais surtout blanches avec de petits liserés verts. En 1905, Michelin suivit Taride ou le Touring Club de France pour offrir ses premières cartes. Moi, je suis le trajet de mon doigt sur l’imaginaire des dessins reproduits en premier grâce à Gutenberg.

Et puis j’ai besoin de concret. Alors cuisine, travail, ménage… Je me jette sur mes cartes étalées au sol, mais aussi sur les forums ! Beaucoup d’échanges avec d’autres frustrés du bitume, des idées, des souvenirs et des questions. Nous attendons que l’un de ceux qui a déjà fait la route nous donne son avis. Praticable ? Non ? Et puis les paysages, les photos souvenirs… Je rêve.

Mais il me faut plus de concret encore. Alors le bon vieux système militaire américain vole à mon secours : Global Positioning System… Un jour Galileo, mais aujourd’hui le GPS fait exister mon voyage virtuel. Cuisine, travail, ménage… Et ce petit point qui se déplace sur mes cartes, obéissant aux tracés que j’ai dessinés. Virage à droite, penché à gauche, flip-flap. Je suis avec mes rencontres des forums, nous brûlons la gomme, avalons le bitume dans des tableaux inconnus, œuvres d’art, mais plus ravissants que tout. Et puis tout droit, sortir l’appareil photo tout en roulant. C’est sot, mais le cliché dans l’action n’en est que plus beau.

J’arrête mon GPS, je range mes cartes pour un prochain voyage. Le confinement à cela de bon : je n’aurais jamais autant rencontré de gens, jamais autant vu de splendeurs et pourtant tout cela en France : je me refuse à quitter mon pays qui aura besoin de nous sous peu. Cuisine, travail, ménage…

Florence

Et voilà, on entame la 5e semaine avec dans la tête l’annonce du prolongement jusqu’au 11 mai. Et j’avoue que là, ça devient pesant, et depuis 2 semaines des choses ont changé.

Bon ce qui n’a pas changé, c’est le « vide maison », ça avance mais je n’en suis qu’à la moitié. C’est une plongée dans mes souvenirs parfois difficile mais réconfortante et révélatrice aussi. Et physiquement c’est une vraie séance de sport car passer du sous-sol au grenier et inversement, ça en fait des marches à la fin de l’après-midi.

Ce qui a changé ou plutôt s’est éclairci, c’est ce dont je croyais avoir envie : la musique, la peinture, etc. C’était plus une réminiscence, qu’un véritable désir en fait. Car oui, j’ai tout ressorti : le chevalet, la mallette à dessin, les partitions de piano, etc. MAIS la motivation n’y était pas vraiment. J’ai pianoté un peu et puis plus rien, j’ai dessiné un peu et puis plus rien.

Ce ne sont que des loisirs mais ça m’a amenée à me poser quelques questions plus complètes : Alors de quoi ai-je vraiment envie ? Qu’est-ce qui fait que je me lève le matin avec enthousiasme ? Quel est mon talent ? Qu’est-ce qui a du sens pour moi ? Quelle est ma raison d’être ? Quelle est ma force motrice ?

J’ai encore 4 semaines pour y répondre, peut-être plus, je ne sais pas. Ce que je sais en revanche, c’est que je veux que ma vie ait un sens et pour le moment ce n’est pas le cas.

Sinon je vous conseille un chouette film-documentaire humaniste :
« C’est quoi le bonheur pour vous ? 7 milliards d’individus, 7 milliards de définitions » de julien PERON et Laurent QUERALT

Prenez-bien soin de vous et de vos proches et #restezchezvous

4 semaines de floraison d’un Oranger du Mexique à Aviron