dolmen les ventes

L'anecdote de Serge - 5e

Un mégalithe appelé Pierre Courcoulée

Serge
Guide

Aviez-vous déjà remarqué que sur le blason de la commune des Ventes se trouve sur la partie gauche une sorte de dolmen ? Sur notre fiche de randonnée PR 10 « La balade de Saint-Taurin », figure sur la dernière étape de votre parcours ce même petit dolmen appelé ‘Pierre Courcoulée’.
Pour les scientifiques, il s’agit de vestiges de la période du néolithique (5 800 à 2 500 ans avant JC).
Bien plus tard, les druides ont certainement dû l’utiliser comme lieu de culte pour y pratiquer leurs rituels, avant de devoir passer dans la clandestinité sous l’occupation romaine de la Gaule. Mais les fouilles pratiquées en 1820 par le premier archéologue de l’Eure François Revers, ne donnèrent aucun résultat : aucune trace de sacrifices d’animaux, ni d’offrandes d’objets précieux.

Et si la réponse tenait du monde de l’invisible, de celui des fées, des elfes, et des farfadets ?
A l’époque où les créatures magiques côtoyaient encore les humains, on a raconté que le dolmen avait été construit par un géant du nom de ‘Courcoulet’. Il assembla 4 énormes rochers pour en faire une sorte de siège et s’y affala de toute sa masse pour une sieste bien méritée.
Le banc construit par notre géant ‘Courcoulet’, plut beaucoup à un des farfadets qui peuplaient la forêt des Ventes. Pour ceux qui ne connaissent pas ce monde de la magie des forêts, un farfadet est une sorte de petit lutin de 8cm de haut, invisible à l’œil humain, qui ne peut lancer de sortilèges qu’à des objets inanimés.
Notre farfadet voulait aménager le siège du géant pour en faire son refuge. Mais hélas, un terrible serpent s’y était déjà installé entretemps, et menaçait de le dévorer.
Notre petit lutin tenta d’effrayer notre reptile carnivore lui racontant la réaction du colosse s’il le trouvait là, à squatter sa chaise longue.
« Ce monstre n’existe que dans ton imagination !» telle fut la réponse du serpent.
Le lendemain, aux premiers rayons du soleil, notre vipère fut effrayée en se retrouvant à découvert, en pleine clairière, le dolmen qui lui servait de cache avait disparu… C’est alors qu’elle vit une sorte de masse énorme se déplacer pesamment vers elle, faisant trembler le sol.
Pour notre reptile, pas de doute ! C’était le géant venu lui régler son compte. Pris de panique, le serpent s’enfuit en forêt à la recherche d’une nouvelle cache.
Notre farfadet avait réussi, usant de toute sa magie, à rendre vivante la construction de pierre pour lui faire prendre une forme menaçante. Ne voulant pas se fâcher avec le propriétaire de ce banc monumental, il ordonna aux grosses pierres de reformer le banc.

Par Léon Coutil (1856-1943) — Léon Coutil, « Inventaire des menhirs et dolmens de France : Eure », Bulletin de la Société normande d’Études préhistoriques, tome IV, année 1896, éd. Imprimerie Eug. Izambert, Louviers, 1897, p.81, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50888045