Chroniques d'une vie nouvelle - Episode 2

Pour la suite de cette chronique, Stéphanie, Rémi, Florence et Hélène se sont prêtés au jeu… Philippe et Marion reviennent en 2e semaine avec notamment une histoire palpitante de … papier toilettes !

Hélène

Si on m’avait dit un jour que je vivrais une pandémie, je n’y aurais jamais cru… Selon moi ce genre de chose c’est dans les films de Science-Fiction mais pas réel ! Il faut croire que je me suis trompée…

Nous voilà tous confinés chez nous, à travailler chacun de son côté, en solo, face à son écran… Ambiance étrange mais grâce à la technologie et les messageries en ligne, on garde contact, on rigole ensemble mais via des écrans interposés !

Pour tout te dire, mon quotidien de confinée je le vis plutôt bien, car pour être honnête j’ai cette chance de vivre à la campagne, avec un terrain de 3ha donc je ne me sens pas oppressée. Si j’ai besoin de sortir prendre l’air, je peux le faire de chez moi !

Ah oui, petit détail mais pas des moindres, j’ai une fille de 3 ans ! Alors on s’occupe toutes les deux, on fait des activités manuelles, on part à la découverte des oiseaux et des insectes du jardin etc… Je suis devenue une pro des bricolages avec les rouleaux de papier toilette, boites à œufs et compagnie ! haha

Ce confinement m’a permis de revoir mes priorités, d’habitude je suis prise dans le tourbillon du train-train quotidien, et malheureusement je ne prends pas toujours le temps de prendre des nouvelles de ma famille, de mes amis, de mes collègues. Ce TEMPS, toujours lui qui nous rattrape ! Mais là j’en ai du temps ! Et je compte bien l’optimiser !

Je suis plutôt en mode « slow life » ces derniers jours à profiter de l’instant présent et des petits bonheurs simples de vie, qui d’habitude, peuvent nous passer à côté…

De nouvelles habitudes se mettent en place dans cette vie nouvelle. Par exemple, tous les jours par-dessus la barrière je discute avec mes voisins, on se rend service, ma voisine Michèle qui cuisine beaucoup, nous offre régulièrement de bons petits plats qu’elle me dépose sur ma barrière…

Aussi, avec mon groupe de copines, on se donne rendez-vous tous les soirs pour faire un apéro à distance, on se raconte ce qu’on a fait de notre journée, on parle de tout et de rien mais punaiseee qu’est-ce que ça fait du bien !

Si je dois conclure et tirer quelque chose de ce confinement forcé, c’est bien de profiter de chaque instant car la vie est bien trop courte, profiter des personnes que l’on aime, et savoir « PRENDRE LE TEMPS » !! Apprenons à appuyer sur le bouton « PAUSE » !

Rémi

C’est donc à mon tour de vous raconter ma petite histoire.
Vous ne me voyez pas toujours au Comptoir car je suis en alternance pour mon BTS. Et bien même en télétravail, je reste en alternance. Une semaine je travaille pour le Comptoir et l’autre je fais des cours en visioconférence. Au début, je me suis dit que ce serait facile de me retrouver chez moi à travailler, franchement quel bonheur ! Et bien la réalité est tout autre… Je ne pensais pas que je vivrais un jour quelque chose comme ça c’est un petit peu perturbant, j’ai l’impression que mon seul ami est mon ordinateur ! Généralement j’aime sortir avec mes amis ou aller au sport, mais là j’ai dû tout remettre en question. Heureusement que les réseaux sociaux existent pour garder contact avec les Piliers au quotidien et tout mon entourage. Il y a quand même des choses que j’apprécie dans ce confinement, c’est que je peux passer énormément de temps avec ma famille et ça, ça n’a pas de prix. C’est à ce moment qu’on se dit qu’on doit profiter au maximum de ceux qui nous entourent. Je prends aussi du temps de faire du sport mais dans le jardin (car il faut rester chez soi 😉 ) ou alors de lire des livres, une énorme pile est en attente depuis quelque temps, c’est le moment de les dévorer !!

En plus de ça, pour le moment on a eu un petit peu de soleil… Quel plaisir de prendre une pause-café ! Voilà tous les petits bonheurs qui contribuent à ma motivation ! Alors profitez des choses plus authentiques et reposez vous parce que quand tout cela sera fini… On se retrouvera tous pour faire la fête !!

Florence

Voilà une journée de plus, une journée ensoleillée, ma chienne dans le jardin qui fait la conversation avec ses voisins et quelle bavarde, mon frère aîné sur les routes pour ravitailler, mon frère cadet sur le toit de sa grange pour le réparer, ma belle-sœur pinceau à la main pour re-décorer sa maison, ma nièce au fourneau après ses cours, un p’tit message à la famille, à mes chers amis compiégnois et une discussion avec les Piliers du Comptoir, très loquaces, via WhatsApp et Messenger.

Voilà mon petit monde !

Un petit monde qui a été bouleversé il y a quelques mois par le départ de ma maman. Il me faut apprendre à vivre autrement, surtout sans cet amour inconditionnel.
Côté pragmatisme, il faut trier, ranger, mettre les choses en ordre. Donc ça occupe.
Côté résilience, il faut se reconstruire, se dépasser, s’accrocher, ne jamais baisser les bras, ça occupe aussi.

Ce confinement, cette pause forcée, cette situation difficile et génératrice de stress pour nous tous met à l’épreuve une nouvelle fois cette résilience. Force est de constater que l’être humain en est parfaitement capable. Cette situation nous pousse à être créatif, à nous absorber dans des activités diverses et pour lesquelles nous n’avions pas de temps. Ce temps après lequel nous avons arrêté de courir pour un instant et, peut-être, pour longtemps ?!

Du coup, après mes heures de télétravail, je me remets au piano après 35 ans. J’ai ressorti les pinceaux, les feutres, les crayons de couleurs, les pastels… Le chevalet a repris sa place dans le salon. Et surtout, j’ai repris le chemin vers moi, je me pose au calme, sans bruits, j’admire ce qui m’entoure, je me fixe dans le présent. En fait, cet isolement n’est pas un problème pour moi, au contraire. J’aime les gens, profondément, mais je ne le crie pas à tout va et n’ai pas besoin d’être en relation H24. J’aime aussi être seule. Cette pause forcée, c’est l’occasion de regarder où je suis et où je vais.

Mais c’est aussi l’occasion de regarder les autres, admirer le courage de tous ceux qui sont en première ligne, le corps médical, les personnels de nettoyage (hôpitaux, poubelles, etc.), les pompiers, le SAMU, les commerces alimentaires, les routiers, les bénévoles bref tous ceux qui sont là pour assurer le service, là pour les autres.
De regarder aussi cette formidable solidarité qui rejaillit à chaque période difficile et qui, peut-être, perdurera cette fois.
De regarder l’économie mise à rude épreuve mais qui, se relèvera, comme toujours.
Et de regarder notre planète, qui, pour un petit instant, RESPIRE !!!

« L‘expérience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte » (Confucius)
Et là, nous sommes nombreux à la porter !

#restecheztoi #ensembleàlamaison

Philippe

Semaine 2 des Coronavacances
La semaine dernière, Christophe m’a ému par sa pensée pour ses proches. Tout au long de cette seconde semaine de « Coronavacances » je me suis aperçu de mon manque, de ce manque des miens. J’ai tenté les apéros Skype… J’ai tenté les appels… J’ai tenté les photos… Et puis je me suis souvenu que, parfois, mon papa (85 ans) m’envoyait de petits textes sur son passé.
Sans retouche, je vous offre son histoire de PQ (avec son accord) qui me fait, peut-être, mieux comprendre pourquoi certains ont dévalisé les rayons :

« Le PQ à travers mes âges.

Au cours de mon existence, le papier toilette (dit PQ) s’est présenté sous différentes façons et je pense qu’il me faut l’expliquer pour les générations futures qui liront peut-être mes histoires. Mon plus lointain souvenir de PQ remonte à 1942 lorsque nous habitions à Montbeugny chez Mr Chabot. Les wc communs étaient dans une cabane au fond de la cour derrière la maison. Chaque famille avait un paquet de feuilles découpées dans des journaux. Notre propriétaire découpait les feuilles dans le journal Spirou que lisait ses fils. Évidemment c’était très tentant pour moi qui n’avais pas de revue à lire de feuilleter ces feuilles. Mais ce n’était pas évident de reconstituer les histoires car les pages n’étaient pas dans l’ordre. Alors je passais quelquefois un peu trop de temps dans la cabane, ce qui inquiétait ma maman ! Dans notre deuxième logement, l’ancienne cure, les wc étaient dans notre jardin uniquement pour nous. Mon père utilisait aussi la même méthode du papier journal découpé. Mais il n’y avait pas d’histoire à lire. Par contre, après la guerre on a commencé à trouver dans les wc des trains des boites de papier hygiénique en feuilles et j’avais comme consigne, chaque fois que nous prenions le train, de récupérer le plus possible de feuilles de papier toilette. C’était souvent difficile car les feuilles étaient tellement serrées qu’il était impossible de les tirer de la boite. A Joigny nous avons eu droit à nouveau aux wc communs à trois ménages, situés dans l’escalier entre deux étages. Chaque famille avait aussi son paquet de feuilles de journal. Évidemment, si on avait récupéré des feuilles dans un train, c’était chacun pour soi. Même situation à Fontainebleau. Ce n’est qu’à partir de notre logement de Saint Ouen que j’ai connu les toilettes dans l’appartement et du véritable papier hygiénique. Par contre nous avons eu les wc au fond du jardin à Ménétréol jusqu’en 1985. C’était le cas dans la plupart des familles, comme chez l’oncle Louis Bilbaud à Venizy ou chez le grand oncle curé à Billy-Chevannes. En hiver, lorsqu’il faisait très froid, il y avait le seau hygiénique qu’il fallait vider le matin au fond du jardin. Dans les entreprises, il fallait prendre ses précautions car les boites à papier étaient souvent vides. Lorsque je suis entré à la CIT en 1969, j’ai été très surpris de constater que chaque employé avait droit à un petit paquet de papier toilette par semaine. »

Stéphanie

La semaine number 2 du confinement tire à sa fin, je sais depuis peu que nous sommes partis pour 15 jours de plus,  à nous retrouver en tête à tête avec mon cher et tendre, ma fille, mon fils !
Contrairement à la semaine 1 où l’improvisation était la plus totale, sous le coup surtout de cette décision de confinement, sans réellement prendre la mesure de ce que cela impliquait au quotidien, la semaine 2 s’est voulue plus structurée. Le mot d’ordre : rythmer la journée de chacun, entre les sessions de travail, les cours virtuels, les pauses gourmandes, le temps libre. A bien y réfléchir j’ai passé des moments supers forts, riches en échanges, fou rires, prises de têtes aussi !
Chaque matin, je rappelle aux enfants quel jour de la semaine nous sommes et instaure le mercredi et le week-end comme « jours off », ça les aide à mieux se repérer dans ce temps suspendu.
Dehors les voitures sont rares et les visites inexistantes, juste les voisins que nous apercevons de loin et les joggeurs que l’on voit tourner comme des poissons rouges dans leur bocal et oui 1km du domicile oblige ! La bonne nouvelle de la semaine est venue de mes enfants qui m’ont dit que j’avais été patiente (pour les devoirs, il m’en a fallu effectivement !), drôle et attentionnée. Je sais que je ne suis pas invivable !
Pas évident tout de même cette promiscuité, vivre H24 à 4, pas évident de faire l’école à la maison et de m’improviser maman-prof, les « confcall » de mon mari, pas évident les sautes d’humeur des ados et les petits défauts de l’autre exacerbés,  pas évident toutes ces annonces de morts à la radio et à la télé, pas évident de ne sortir qu’une fois par semaine et de savoir une amie malade du Covid 19, pas évident en fait cette semaine 2…

Marion

Cette semaine c’est un peu l’attentisme qui me guette … confinement prolongé ou pas jusque fin avril ? J’avoue que ce serait bien de savoir si on doit trouver à occuper nos gamins si on reprend le boulot la semaine prochaine ou si on continue à programmer nos journées à la maison pour 2, 3 ou 4 semaines. J’avoue aussi que ne pas savoir est perturbant !
Je m’isole aussi de plus en plus des actualités, ces mauvaises nouvelles incessantes ne sont pas bons pour l’équilibre …

Et puis la vie se rythme… télétravail et visio-conférence avec des collègues de la France entière pour réflechir ensemble à un bon rassemblement touristique et numérique en octobre… et il y a du sujet … Et en fait, c’est surtout le « rien envie de faire » qui arrive … de toute façon à quoi bon ? On ne sait pas combien de temps, ils vont nous enfermer, on ne sait pas quand on va pouvoir vivre de nouveau … Alors à quoi bon mettre à jour un site Internet « touristique » ? A quoi bon préparer des animations … A quoi bon parler qualité ? Bref, à quoi bon … Déni, renoncement, phase 2 du confinement ???
Elle se rythme autour des (faux) apéros… 
Je me dis aussi que sans les réseaux sociaux et toute cette facilité à discuter et « voir » du monde et bien ce serait (encore) plus long… 
Ça y est je me décide enfin à tenter le sport et le fitness par écran interposé…
Le style est assez décousu, non ? La lassitude me guette … Aujourd’hui on sait encore combien de temps on va être confiné… enfin pour l’instant ! La lassitude me guette, quand on travaille, on fait aussi toujours la même chose mais ce n’est pas pareil, on n’est moins tentés de passer ses journées à ne rien faire, dormir et attendre …
Je n’aime pas cette 2e semaine, j’ai appris qu’une amie est contaminée… Le virus n’est plus invisible et lointain, il est là… Je ne crains pas pour moi mais pour elle et ses proches… Cette 2e semaine ne serait pas comme la première, je le pressentais… Depuis quelques nuits je ne dors plus… Mes enfants sont nés après le 11 septembre et ont vécu les attentats, le changement climatique latent et maintenant ça !

Gardons espoir et profitons des 15 jours de plus confinés chez nous pour continuer à se retrouver et s’aimer.